Docteur, à qui le tour cette semaine?

Le sens de "Docteur, à qui le tour cette semaine?": des commentaires hebdomadaires sur l'actualité sur un ton léger pour une compréhension de ce qui nous entoure, de ce qui nous dérange, de ce qui nous rend heureux ou malheureux ... "Docteur, à qui le tour cette semaine?", l'avis d'un psychiatre sur des questions quotidiennes pour un monde plus cool.

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Psychiatre et pédopsychiatre, auteur de livres pratiques, intervenant radio France. Je collabore ponctuellement en France avec la presse écrite (dans Parents, Cocktail, Santé Magazine, femme en ville, Alternative Santé, Meetic,quotidiens régionaux : Sud -Ouest, Ouest – France, Midi Libre …) et audiovisuelle (à ce jour : FR3, TV7, RTL, RMC info, France Info …) Chroniqueur sur le site "planete quebec" http://planete.qc.ca/henripull/ Vous voulez échanger, exposer vos points de vue en ligne sur mes chroniques, confronter vos expériences, apporter des précisions, ce blog est à votre disposition.

03 décembre 2005

Vivre ou polluer? A nous de choisir!

« Tous sur le même navire »

Sur la croûte terrestre les humains s’affairent, se nourrissent, naissent et meurent pendant qu’imperturbable leur monde gravite avec d’autres planètes autour d’un soleil constituant ainsi « le système solaire ».
Ce système est lui-même en rotation dans un mouvement galactique universel dépassant de beaucoup l’échelle de la fourmi humaine.
Et si la terre n’était qu’un navire emportant son équipage dans un fantastique ballet cosmique ?
Allons à la rencontre de l’équipage en question au nombre sans cesse croissant du fait de sa fécondité et des ressources jugées inépuisables d’une cambuse approvisionnée en des temps lointains par un intendant prévoyant.

Le feu, il l’a maîtrisé, l’agriculture, il connaît, la faune et la flore ont été domestiquées, l’industrie il a su la mettre à son service en exploitant avec beaucoup de génie et de pugnacité l’environnement et les richesses mises à sa portée.
Le « terrien marin » s’estime comme le propriétaire naturel de ce monde qui l’a vu naître et prospérer.
Seulement voilà, son action inlassable, son ardeur remarquable commence à modifier les règles de navigabilité du « navire/monde » qu’il habite.
Ça chauffe ; le niveau des océans monte, le climat se dérègle !
La couche d’ozone se déchire, la planète se réchauffe de quelques degrés et ces degrés pèsent lourd dans le plateau de la balance « environnement ».
Pour les pays industrialisés réunis à Montréal la limitation de la production des gaz à effet de serre induit des choix douloureux à savoir : lever le pied sur l’accélération de la production, courir le risque d’un choc économique avec le ralentissement des usines et un choc social en mécontentant l’opinion publique par des changements imposés.
À la différence des équipages traditionnels, les passagers et marins « planétaires » ne sont pas commandés par un seul capitaine mais par des capitaines aux priorités parfois opposées et aux ordres contradictoires.
Nous l’avons vu, 55% d’entre eux sont d’un avis contraire aux 45% restants.
Certains ont voté pour une réduction de ce qui finira par nous nuire irrémédiablement, d’autres préfèrent « jouer la montre » en « achetant » des droits de polluer à des pays non industrialisés et en restant indifférents aux conséquences directes des déséquilibres thermiques induits par leurs industries.
Deux attitudes, deux échelles de maturité, deux profils psychologiques :
- l’oral avide du tout, tout de suite, privilégie la consommation à tout va dans un souci de gestion à court terme. Il compte sur ses enfants pour résoudre les problèmes qu’il aura généré.
- l’anxieux se contraint à anticiper pour se protéger d’un danger pour sa vie et celle des siens. Il fait figure d’oiseau de mauvais augure et n’offre pas la solution la plus séduisante pour une expansion économique optimale …

Dans quel groupe de rameur vaudra-t-il mieux se ranger ?
Les uns se rangeront derrière tel capitaine alors que les autres le désavoueront pour des raisons aussi diverses que l’habileté oratoire de celui-ci, la prestance de celui-là, l’intérêt partisan de tel lobby, la légitime sauvegarde de l’emploi ou pour toute autre raison plus complexe et mal définie.
Pourtant, qu’une moitié des marins rame dans un sens pendant que l’autre moitié rame en sens inverse conduit à entraîner un canot dans une ronde stérile vous expliquera tout bon rameur.
En serait-il de même sur le navire Terre ?
Ne vaudrait-il pas mieux ramer ensemble, dans le même sens, pour une destination favorable à tous qui garantirait survie et bien-être aux passagers de ce magnifique navire qu’est la terre ?

Docteur Henri PULL